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Creative Conversations #7: Milestudio

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Milestudio

Par un matin froid au bord de la mer, Milena est assise à une vieille table verte, feuilletant un livre d'intérieur.

Derrière les grandes fenêtres, la neige se pose entre les pins. Sur la table devant elle sont disposés des échantillons de pierre, des placages de bois et des morceaux de tissu. Elle les déplace doucement, sentant leur poids et leur texture sous ses mains. Milena est architecte d'intérieur, et elle travaille autant à l'instinct que selon un plan. Son processus commence dans le silence. Avec la lumière. Avec la matière. Avec la patience.

Vêtue d'une douce chemise en lin, elle parle de l'espace — non pas comme quelque chose à remplir, mais comme quelque chose à révéler. « La créativité commence par une pause », dit-elle. « Par le souffle. »

C'est là que nous commençons.



Sur le Processus & la Perception

Où commence la créativité pour toi?
Vivre lentement au bord de la mer m'a appris que la créativité n'est pas un mouvement constant. C'est savoir s'arrêter. Respirer. Observer les gens et leurs histoires. Pour moi, la créativité est ancrée dans le processus. Quand le processus se sent honnête et pleinement vécu, le résultat devient quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Chaque projet commence par un plan spatial — un bon plan est déjà une base solide. En parallèle, je développe le concept, l'idée qui devient le moteur du projet. Je construis des collages de matières, crée des visuels 3D et prépare des dessins techniques. Du premier croquis jusqu'au suivi de chantier, je reste présente tout au long du chemin.

Quand tu entres dans un espace pour la première fois, qu'est-ce qui attire ton attention?
La lumière. La façon dont elle se déplace. Les ombres qu'elle crée. La profondeur qu'elle donne aux surfaces. La lumière façonne toute l'atmosphère d'un espace. Elle peut l'adoucir, le dramatiser, ou le transformer complètement. Avant tout, j'observe comment l'espace respire.

Comment sens-tu qu'un espace est achevé?
Je suis un principe simple. Si je retire un objet et que rien ne change, c'est qu'il n'était pas nécessaire. J'aime laisser de l'espace. Un peu de vide. Il permet à quelque chose d'inattendu d'entrer plus tard — un nouvel objet, un souvenir, une découverte. Un chez-soi doit avoir la place d'évoluer.



Sur le Contraste & la Matière

Y a-t-il un principe de design que tu remets consciemment en question?
J'aime associer des éléments qui semblent incompatibles. Quelque chose de très doux à côté de quelque chose de plus brut. Un textile délicat près d'un béton brut. Je suis attirée par l'imperfection, par les matières qui ne sont pas trop lisses, trop parfaites. Les matières vraies comptent pour moi. La pierre, le bois, le métal, le lin. Ils vieillissent. Ils changent. Ils portent de la texture et de l'honnêteté. Il y a une certaine magie dans tout ça.

Ton travail équilibre douceur et matières brutes. Qu'est-ce qui t'attire dans ce contraste?
Je crois que le contraste crée de la tension — et la tension crée de la vie. Quand tout est doux, ça devient plat. Quand tout est dur, ça devient froid. Quand les deux se rencontrent, l'espace se sent plus humain. La douceur invite à entrer. La rudesse garde les pieds sur terre.



Quelle matière te semble la plus personnelle?
Le cuir et le lin. Le cuir se sent fort, solide, avec une certaine audace. Il a de la présence. Mais le lin est ce qu'il y a de plus intime. Il existe dans les espaces les plus proches de nous. Les rideaux qui créent de l'intimité. Le linge de lit où le repos et la vulnérabilité se rejoignent. Le lin se sent honnête. Il respire. Il s'adoucit avec le temps. Plus on vit avec, plus il devient beau.

Sur la Mémoire & le Ressenti

Quels souvenirs remontent quand tu penses à ta maison d'enfance?
La chaleur. Je me souviens d'un poêle bien chauffé et de la sensation de mes joues qui rougissaient sous la chaleur. Notre maison se sentait profondément habitée, profondément aimée. Chaque coin portait la main de ma mère. C'était douillet, mais pas parfait. Et je crois que ce sens du soin ne m'a jamais quittée.

Est-ce que le doute apparaît dans ton processus?
Bien sûr. Il y a des moments où je rumine un détail et commence à remettre en question toute la direction. Parfois je me concentre trop sur un élément et j'oublie de prendre du recul. Dans ces moments-là, je m'arrête. Je fais confiance à mon intuition. Je fais confiance à mon équipe. La réponse est souvent plus simple que je ne l'imagine.

Qu'est-ce que tu espères que les gens ressentent en entrant dans un intérieur que tu as conçu?
J'espère qu'ils ressentent quelque chose de personnel. Je commence toujours par le contexte. L'histoire du lieu, mais aussi l'histoire de la personne qui va y vivre. Quand ces deux-là commencent à se parler, l'intérieur devient authentique. Je ne veux jamais qu'un espace paraisse mis en scène ou froid. Il doit porter des souvenirs. Il doit se sentir vécu — même quand il est neuf.



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